Le monde de Fée

05 août 2019

Une évidence - Agnès Martin-Lugand

Reine mène une vie heureuse qu'elle partage entre son fils de dix-sept ans et un métier passionnant. Une vie parfaite si elle n'était construite sur un mensonge qui, révélé, pourrait bien faire voler son bonheur en éclats...

Quel plaisir de retrouver la plume de cette auteure. L'histoire se déroule entre Rouen et Saint-Malo, deux villes que j'aime beaucoup. Le décor est planté, la mer, les remparts, les corsaires, les épices et le café, j'ai adoré l'atmosphère générale qui s'en dégageait. 

Au centre des romans d'Agnès Martin-Lugand ce sont toujours des personnages féminins. Comme Reine, dans "Une évidence". Elle a la quarantaine et arrive à une période un peu clé de son existence, une période de questionnements et de remise en cause. 

J'aime l'écriture fluide et légère de Agnès Martin-Lugand. C'est un joli roman d'été, où les destins se croisent et parfois s'entrechoquent. Il se déguste comme un délicieux plateau de fruits de mer au bord de l'océan.

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Ça faisait mal d'aimer. Peu importe qui on aime. On perd toujours ceux qu'on aime."

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26 juillet 2019

Châle Sandness - Remise à flots

* La petite histoire:

A la faveur d'un tricothé Place de Jaude cet hiver, Woolaoops était venue faire une petite vente de ces laines. J'avais immédiatement craqué pour deux écheveaux bleu à paillettes sans vraiment savoir ce que j'allais en faire. Le temps a passé et nous voilà en été. L'appel de la mer et des vacances m'ont donné envie de ressortir ces petites merveilles.

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* Le patron:

Le châle Sandness peut être tricoté en deux tailles. J'ai fait pour ma part un mix puisque l'envergure s'obtient en faisant plus ou moins de répétitions. C'est un châle triangulaire, avec une construction typique des châles des îles Shetland quelque peu modifiée. Ici le jersey remplace l'habituel point mousse utilisé pour le panneau central. Le diagramme pour les vagues est proposé sous forme de diagramme ou en explication rang par rang. Cela donne un tricot très facile et abordable avec une série de points basiques.

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* La laine:

J'ai adoré tricoté cette laine fingering. Elle est douce au toucher et très fluide. Néanmoins je finissais chaque séance de tricot avec les doigts tachés de bleu/violet, certainement dû à un surplus de teinture. Ce dégorgement s'est également vérifié au lavage, l'eau est devenue bleu instantanément. 

J'ai particulièrement aimé les paillettes argentées qui donne du volume au châle, tout en restant assez discrète pour ne pas virer boule à facette.

* Les plus:

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Le patron est proposé en rang par rang ou en diagramme. Personnellement, c'est la méthode que je préfère. J'ai mis un bon mois à le tricoter car malgrès tout on ne fait que répéter toujours les mêmes rangs et c'est vrai que parfois je finissais par me lasser.

Le résultat final est un très grand châle triangulaire (définitivement ma forme préférée), avec une amplitude parfaite pour s'emmitouffler tout en restant très léger et aérien.

Bien que le patron original soit présenté en unicolore, j'ai opté pour une version bicolore. Il est donc facilement adaptable si vous avez des restes de laines. Je trouve l'effet vagues très réussi.

* En bref:

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- Modèle: Sandness

- Désigneur: Gudrun Johnston

- Laines: Woolaoops coloris "Ton père ce voleur d'étoiles" et un reste de Maison Corlène Bakewell coloris Grant

- Aiguilles: 4 mm

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24 juillet 2019

De là, on voit la mer - Philippe Besson

Une villa en Italie, le soleil trop fort, des ferries qui font la traversée vers les îles, une romancière qui peine à finir un livre, un jeune officier de l'Académie navale, un accident de voiture à des centaines de kilomètres, l'enchaînement des circonstances, la réalité qui rejoint la fiction, la fin d'un amour,le commencement d'un autre peut-être.

Dans ce roman,l'auteur dresse le portraitd'une femme puissante et de deux hommes fragiles, en proie à des hésitations sentimentales. 

" Et puis, c'est le silence. Pas le silence merveilleux de la villa de Livourne. Ni celui anxiogène de la chambre du blessé. Non plutôt celui, déroutant, d'après les disparitions. Celui où quelqu'un manque. On cherche une présence, un écho ordinaire et rien, on se heurte à l'invisible, on comprend qu'on est seul désormais, tout à fait seul, que personne ne viendra troubler ce silence qui nous écrabouille".

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Ce livre est extrêmement bien écrit, dans un style travaillé et juste. Les descriptions sont précises et nous embarquent totalement dans la chaleur de l'automne italien. Rien ou presque n'est dans les dialogues, tout passe dans l'émotion, les regards, mais aussi dans la façon de dire implicitement les choses, ce langage non verbal que l'écrivain manie avec talent et subtilité. Sur les thèmes du sentiment et du renouveau, il est assurément très fort. Il y a aussi cette solitude, ni douloureuse, ni oppressante qu'il sait décrire à merveille.

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